Paris-Notre voyage en Albanie en septembre 2016

Vingt-six Amicalistes parisiens sont partis du 17 au 24 Septembre en Albanie. Pourquoi ce petit pays, coincé entre le Monténégro, le Kosovo, la Macédoine et la Grèce ? Parce qu’il vient de s’ouvrir au tourisme et a gardé une authenticité devenue rare en Europe.

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L’Albanie compte 3,2 millions d’habitants avec une population très jeune : (moyenne d’âge 32 ansHistoriquement, ce pays à une longue histoire, bien expliquée dans le musée de Tirana, la capitale : Site néolithique (10 000 ans av J.C), puis colonies grecques (625 av J.C) puis gréco-romaines et propagation du christianisme par l’apôtre Saint-Paul. Les Normands français sont aussi présents, suite aux croisades. Les Huns, Lombards traversent le pays puis les Ottomans font la loi jusqu’en 1858. Les guerres des Balkans affaiblissent le pays, mais la pire période récente est la dictature mise en place par Even HOHXA (1946-1985). D’une période de relations étroites avec l’URSS, avec une ligne marxiste-léniniste dure, puis du rapprochement avec la Chine, il en résulte : confiscation des terres et des biens interdiction de toute pratique religieuse, exécutions sommaires des opposants. Depuis l992, c’est un retour progressif à la démocratie avec 2 formations politiques majeures : le parti social, le parti démocratique et une trentaine d’autres petits partis. Mais beaucoup d’efforts sont à faire pour lutter contre la corruption, le blanchiment d’argent et la production du canabis et les constructions illégales. L’objectif d’arrimer ce pays à l’Europe est la principale et seule chance de s’en sortir. Mais l’Albanais est confiant : il se sent avant tout ALBANAIS devant son héros national Skanderberg et son drapeau : un aigle noir à deux têtes déployant ses ailes sur un fond rouge. Les religions sont très tolérantes entre elles : majorité de musulmans (70%), puis d’orthodoxes (20 %) et des catholiques (10%). Mais il y a peu de pratiquant (suite à l’interdiction du dictateur) et on compte plus de femmes voilées à Paris qu’à Tirana !Et le slogan « Feja e Shqiptarit është shqiptarisa » ( la religion de l’Albanie est L’Albanais » résume parfaitement leur état d’esprit actuel.

Après ces généralités, sans reprendre le carnet de voyage, voici quelques anecdotes de ce périple de 8 jours

Les montées sont rudes vers les forteresses de Kruja, de Gjirokastra ou de Berat, car la pente est forte avec des pavés inégaux et glissants. Ce sera notre lot pour atteindre ces citadelles haut perchées : un taxi pour 4 personnes à 1 euro par personne la course (ce qui fait le bonheur des chauffeurs par rapport au prix en lek, la monnaie locale).

Un petit musée ethnographique, installé dans une belle demeure ottomane, a retenu notre attention sur la vie familiale au 18 ou 19 s. Le rez-de-chaussée est réservé au bétail et aux serviteurs, avec un pressoir à olive et une forge. Au ler étage, vit la famille : salle des hommes, des femmes, des enfants, la cuisine et le hammam.

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Notre guide Altin est archéologue et travaille sur le site antique d’Appolonia, il s’efforce de faire revivre les rares monuments encore debout, comme le «  bouluterion » qui abritait le conseil de la ville. Mais c’est surtout le site de Butrinti, inscrit au patrimoine de l’Unesco, qui résume bien la complexité historique de ce pays. Une promenade de 2 h, au milieu de pins parasols et d’eucalyptus odorants, révèle un théâtre grec, des bains romains, une basilique romane du 6e siècle et des remparts de la république de Venise.

Lors d’une soirée à Saranda, nous participons à un spectacle de chants polyphoniques et de danses traditionnelles. Le raki, offert par l’Amicale aux musiciens, fait monter d’un cran l’ambiance joyeuse et les dames sont très sollicitées pour danser.20160920_212643

Nous nous levons de bon matin pour découvrir une région considérée comme une des plus belles : la riviéra albanaise. La route est montagneuse, sinueuse, avec des lacets aigus tous les 300m. La vue est magnifique sur la mer Ionienne, les petits villages blancs et quelques forteresses.

Nous avons même participé à une dégustation de vin. Complètement déstructurée pendant la dictature, l’exploitation est reprise par trois frères. Les vins blanc et rouge sont appréciés en Grêce et en Italie, mais les frais de transport sont trop importants pour venir jusqu’en France.

Le dernier jour, visite panoramique de Tirana. S’il existe encore des blocs d’immeubles communistes hideux et sales, la ville moderne est composée d’immeubles peints et multicolores et de larges avenues bordées d’arbres. Grace à Altin, la visite au musée national d’histoire est passionnante et occupe toute notre matinée.

Nous garderons  le souvenir de vacances calmes et reposantes entre amis pour découvrir un pays riche en histoire, mais ayant encore beaucoup de problèmes politiques et économiques à résoudre pour envisager un avenir serein.

Christiane Bonnamy

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