Éditorial du bulletin de novembre 2017

 

Nous sommes entrés dans une période de profonds changements pour notre pays. Peu de monde envisageait un tel bouleversement en ce début d’année. De nombreux repères ont été balayés, et nous devons repenser différemment le futur. Que l’on s’en réjouisse ou le déplore, le fait est là. Il faut s’y adapter afin de rester acteur de notre destin. Et c’est dans ce nouveau contexte que l’Amicale des Retraités peut jouer son rôle de lien, de conseil et de défense.

Le statut de retraité vécu avec bonheur ou difficulté, suivant les situations très disparates de cette condition, est soudainement perçu comme un monde homogène de privilégiés coupables d’avoir laissé croître la dette publique que devront régler les générations futures. Un transfert de charges est déjà clairement envisagé entre ces anciens, qui ont vécu les « trente glorieuses », et ceux qui connaissent aujourd’hui la « mondialisation », génératrice d’une plus grande précarité pour les générations suivantes.

La volonté de ce transfert est clairement annoncée. Elle est justifiée par des études économiques qui montrent, à l’évidence, un patrimoine individuel plus important en fin de vie que le jour de la naissance. De même le niveau de vie, c’est-à-dire celui généré par la consommation, est également plus élevé lorsque nous profitons des fruits de notre travail que durant les décennies où nous les avons accumulés. Il n’est pas dans notre rôle de porter un jugement sur le bien fondé de ces analyses et de leurs conséquences politiques, mais il est de notre mission d’apporter notre aide et nos conseils à tous ceux qui doivent retrouver leur place dans ce nouveau contexte.

Modestement, mais nous l’espérons efficacement, ce bulletin s’inscrit dans cette démarche en débutant par les questions liées directement à vos problèmes de retraité. Il vous aidera à choisir la bonne mutuelle santé si importante dans le budget d’un retraité. Il vous expliquera les raisons de notre action au sein de la Fédération Française des Associations de Retraités (FNAR) et de la Confédération Française des Retraités (CFR) pour que vos difficultés soient connues et prises en considération dans les changements futurs. Il vous rappellera également les services qu’offre le « Club des Saint-Gobain » pour les anciens salariés du Groupe.

Ce numéro de novembre se poursuit par les nouvelles du Groupe et ses innovations. Il vous informe sur les nombreux métiers du Groupe, et sur l’attaque informatique qui l’a frappé afin que vous demeuriez toujours en phase avec l’actualité du Groupe. Ensuite, il peut remémorer les aventures passées dans « l’isolation », sans oublier le rôle de mécène qui fut celui du Groupe dans les années soixante. Enfin, et suivant la tradition, la vie et les activités des sections complèteront largement et agréablement ce bulletin de liaison.

Mais l’important, nous semble-t-il, est de transformer la remise en cause de notre statut, même si on la trouve injuste et sans nuance, en une intégration plus forte dans ce nouveau monde qui se construit. Nous sommes riches d’expérience, et nous pouvons encore beaucoup apporter, pas seulement dans le cadre familial, mais aussi comme acteur actif de la société. Le sens de l’histoire, c’est-à-dire sa signification et sa direction, réside dans le progrès de l’esprit prenant toujours mieux conscience de sa liberté, à travers l’organisation d’un Etat fondé sur la participation de tous ses citoyens, y compris ses retraités. En ce sens, nous sommes frappés par l’engagement de nombre d’entre eux dans le fonctionnement d’associations qui ne pourraient pas vivre sans leur participation active. Par ce libre engagement, ils maintiennent le lien social entre générations ce qui, nous l’espérons, permet de mieux faire connaître, donc comprendre, le rôle que nous pouvons encore jouer dans ce monde où les liens sociaux se délitent, et ainsi modifier les jugements colportés sans nuance par de nombreux médias.

 

Jean-Paul Straetmans