2-Les amicalistes de Traditions Verrières participent aux grandes Expositions à thème verrier

Les amicalistes de Traditions Verrières participent aux grandes Expositions à thème verrier 2Au musée d’Aquitaine de Bordeaux,« L’âme du vin chante dans les bouteilles »,
baptisée par ce vers de Baudelaire, l’exposition conçue par le musée d’Aquitaine est l’évènement majeur de cet été bordelais. Cette manifestation qui se déroule du 20 juin au 20 octobre 2009 à Bordeaux, capitale mondiale du vin, est en quelque sorte le point d’orgue d’une série d’évènements qui se sont déroulés ces dernières années, à savoir principalement, l’étude sur l’origine et l’histoire de la bouteille bordelaise, la fameuse « frontignane », présentée par Dominique Dabas et André Orsini le 16 mars 2005 au Comité Interprofessionnel du Vin de Bordeaux puis le colloque sur « le verre et le vin, de la cave à la table, du XVIIème siècle à nos jours » qui s’est déroulé sous la direction de Christophe Bouneau et de Michel Figeac, en 2007, avec l’aide d’André Orsini et de son groupe « traditions verrières », de l’amicale Saint-Gobain, à la maison des sciences de l’homme d’Aquitaine. A cette occasion, les recherches à travers les archives publiques et privées de la région ont permis de découvrir des parties importantes de l’histoire du verre, en particulier à Cognac, avec la grande figure du verrier Claude Boucher, mais aussi à Bordeaux et à Bourg sur Gironde, avec un éclairage nouveau sur les premières verreries à charbon de la région au début du XVIIIème siècle.

Le musée d’Aquitaine, dirigé par son conservateur en chef François Hubert, est installé depuis plus de vingt ans dans les anciens bâtiments universitaires des facultés des lettres et des sciences de Bordeaux. Il s’agit, en fait, d’un véritable palais, voulu par mon arrière grand père Jean-Chrysostome Dabas, ancien doyen de la faculté des lettres, nommé recteur de l’Académie de Bordeaux en juillet 1875. L’inauguration officielle de ce prestigieux bâtiment eut lieu le 17 janvier 1886, en présence du conseil municipal au grand complet, du ministre de l’Instruction Publique, du Directeur de l’Enseignement Supérieur, du Préfet de la Gironde, du Recteur de l’Académie, sans oublier mon arrière grand oncle Abria, correspondant de l’Institut, doyen de la faculté des sciences, et du doyen de la faculté des lettres.

François Mauriac y fit sa licence en lettres. Le tombeau de Montaigne s’y trouve toujours. Comme l’a écrit Bernard Combeaud, les contraintes de l’enseignement de masse, et peut-être un rêve américain, ont repoussé les étudiants hors de la ville, sur un campus bien lugubre. Ce palais de l’université républicaine est devenu un superbe musée d’ethnologie où sont rassemblés de façon permanente les traces des gestes de métier et les restes des outils que l’Aquitaine a connus depuis la préhistoire.

L’exposition « l’âme du vin, chante dans les bouteilles », à laquelle le ministère de la culture a décerné le label d’intérêt national, initiée par Josette Moinet-Di-Roberto, trop tôt disparue, a été réalisée par Annick Bruder, conservateur au Musée d’Aquitaine, et commissaire de ladite manifestation, assistée de Léa Tessières ; elle réunit, sur plus de 700 m2, plus de 400 pièces mises en valeur de façon très élégante par Philippe Langles, et provenant de collections anglaises, espagnoles, italiennes et françaises, aussi bien publiques que privées. Quatre thèmes sont développés :

  • de l’amphore à la bouteille : le commerce et le transport du vin ;
  • à la taverne ou en plein air : mesurer, goûter, se désaltérer ;
  • le service du vin de l’Antiquité à nos jours : boire et déguster ;
  • les pouvoirs du vin : célébrer, soigner, ritualiser.


Le parcours qui vous est proposé vous permettra de vous familiariser avec tous les aspects artistique, scientifique et sociologique du vin en Occident, depuis l’Antiquité. Cette boisson était déjà considérée comme sacrée chez les Grecs, et le christianisme lui a donné une place primordiale au cœur de la liturgie catholique.
Vous pourrez y admirer notamment de nombreuses amphores, une bonbonne clissée, des bouteilles bordelaises, bourguignonnes, des bouteilles clavelin avec sceau, des pichets, aiguières, chopines, cruches, le cabaret de Ramponneau (huile sur toile de Fichel 1877), des tasses à vin, des gourdes, des vases à mélanger l’eau et le vin, des vases à puiser, des vases à boire, des flacon, des cruches, des rhytons, des carafes, des gobelets, des hanaps des bassins à rafraîchir, des verres et autres pièces relatives à des commémorations particulières, ou à la santé.

Venez donc, ou revenez à Bordeaux, très belle ville classique délicieusement posée dans la courbe du fleuve, vivre cette passionnante exposition, et écouter le vin ; relisez Charles Baudelaire qui écrivait dans « les fleurs du mal » : « Parfois, on trouve un vieux flacon qui se souvient d’où jaillit toute vive une âme qui revient »

Dominique DABAS

avec l’aimable autorisation de la revue Verre, n° septembre 2009, dans lequel est paru cet article.