1912-2012 : La verrerie de St-Gobain à Chalon/Saône fête ses 100 ans d’existence

Il y a exactement cent années la Compagnie de St-Gobain, décidait de construire une nouvelle usine dans la périphérie de la ville, au bord du canal, encore en eau à cette époque . A coté de ses deux grands pôles d’activité du début du XXè siècle, la Glace et la Chimie, elle décidait ainsi de prendre pied sur le marché du Verre à Vitres : « En effet la séparation très nette des techniques de fabrication entre glace et verre à vitres, et partant celle des usages respectifs, commence à être remise en cause….Non encore impliquée dans cette industrie, Saint-Gobain choisit d’y faire son entrée, avec une technique nettement plus moderne que le soufflage à la bouche des concurrents, pour imposer sa présence dans le futur, à un marché dont on sent qu’elle peut poser des problèmes nouveaux au marché de la Glace » (Maurice Hamon). C’est le procédé mécanisé Lubbers qu’elle décide d’implanter dans sa nouvelle usine, qu’elle acquiert de la société verrière américaine, Américan Windows glass. Sa mise en route pendant la première guerre mondiale posera quelques difficultés malgré l’aide de la Verrerie Drion d’Aniche coactionnaire et qui a déjà utilisé cette technique quelques années plus tôt.

Filiale conjointe de la Compagnie et de la verrerie Drion d’Aniche, sous le nom des « Verreries Mécaniques de Bourgogne », elle connaitra tout d’abord des évolutions dans le secteur du Verre plat de 1912 à 1969, avec deux autres produits, le verre coulé et les vitrages isolants . La nouvelle technique d’étirage Pittsburg mise en place en 1935 améliorera considérablement la productivité et la qualité du verre à vitres produit, par rapport à celle utilisée,au début de sa construction, par soufflage mécanisé des manchons

La concentration de la fabrication du verre coulé sur le site de St-Gobain, l’absorption de la verrerie d’Aniche en 1961 avec la construction d’une grande ligne de de verre étiré Pittsburg à 6 puis 8 machines sur ce site nordique commencent à poser de sérieux problèmes au site chalonnais. Quelques années plus tard le procédé float-glass avec sa productivité fortement améliorée, entraine peu à peu l’abolition de la distinction traditionnelle entre glace et verre à vitres ; le problème de la survie de l’usine et de ses emplois est posé : la solution est trouvée en 1969, avec la décision d’implanter sur le site et dans les bâtiments existants , une verrerie à bouteilles : la branche Conditionnement du groupe manque en effet de capacité dans cette région centrale, en particulier avec le développement du verre perdu, et l’arrêt , les années passées, des verreries filiales de Chalon-Aupècle et de Genlis à la technologie dépassée.

A partir de 1969, la verrerie à bouteilles, s’implante avec les technologies les plus modernes, tout d’abord dans les bâtiments et fours du verre étiré puis, par des constructions nouvelles, devient aujourd’hui l’une des grandes usines française de Véralia, produisant près d’un milliard de bouteilles par an avec ses trois fours et ses dix lignes de production.

André Orsini